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Trop de solutions temporaires, pas assez de logements durables

Lors du Ier Forum national des organisations communautaires amies du Cerfas, une table ronde était consacrée au droit au logement. L'occasion de présenter quelques données récentes sur la reconstruction et d'en dresser un constat alarmant.

Dumas Maçon - Le 6 décembre 2013

« Près de quatre ans après la catastrophe du 12 janvier 2010, les travaux en cours au centre-ville de Port-au-Prince se limitent à quelques bâtiments publics et à des logements provisoires et rapidement édifiés en dehors d'un programme global de reconstruction, » analyse le Cerfas (Centre d’étude, de réflexion, de formation et d’action sociale) dans un document rendu public à l'occasion du forum. « Les seuls logements permanents sont le fait de familles ou de projets dispersés qui ne s'inscrivent pas dans une politique globale. »

Malgré leur grande précarité, les solutions temporaires restent privilégiées dans les travaux de reconstruction. « Aux 113 600 abris provisoires déjà construits, les décideurs planifient - quatre ans après la catastrophe - d'en ajouter près de 1400. La rénovation des maisons réparables, bien qu'étant une solution plus durable, est réduite à peau de chagrin, poursuit le texte. Au mois d'octobre 2013, seulement 18 % des maisons marquées en jaune par le Ministère des travaux publics avaient été réparées. » Quant aux subventions forfaitaires au loyer, un système adopté par plusieurs acteurs pour le relogement, il ne donne pas de résultats satisfaisants. « Seules 25 % des personnes ayant bénéficié du forfait d'une année de loyer sont restées dans le même logement l'année suivante, 60 % d'entre elles n'ayant pas les revenus suffisants pour se la payer », poursuit le document qui plaide pour une révision des stratégies d'approches.

« Selon les données avancées par l'UCLBP (Unité de construction de logements et de bâtiments publics), 7515 logements ont été reconstruits via divers projets depuis le tremblement de terre de 2010, a commenté Joël Jean Baptiste, secrétaire général de Mososah (Mouvement de solidarité avec les sans-abri d'Haïti). Mais nous estimons le déficit en la matière à 1 million d’habitations. Lent dans ses mouvements, le Gouvernement ne se montre pas vraiment préoccupé par la question. Il traîne les pieds à doter le pays d'une vraie politique globale de logement dont l'exécution, en plus d'aider des centaines de milliers de familles à retrouver un foyer décent, pourrait générer entre 20 000 et 40 000 emplois permanents. »

Sans financement adapté ni autre accompagnement, les familles ont toutes les difficultés du monde à reconstruire leur maison. « Bâtir en Haïti coûte très cher et constitue encore un privilège pour nombre de familles, explique Geralda Sainvil du Garr (Groupe d'appui aux réfugiés et rapatriés). Rien d'étonnant que les mauvais logements foisonnent dans maints quartiers de la capitale. »

Mais pour l'Inara (Institut national de la réforme agraire), une telle situation est également liée à l'insécurité foncière que connaît le pays. « La question foncière, intrant incontournable dans toute politique sociale haïtienne, connaissait bien avant le 12 janvier une situation de désordre généralisé, a expliqué Thélusmond Michel, son directeur. Après la catastrophe, rien n'a changé dans ce domaine. C'est même devenu pire. »

« Aujourd'hui, près de huit institutions de l'État délivrent des titres de propriété, poursuit l'agronome Thélusmond. Sans qu'il y ait une coordination de leurs actions, le pouvoir exécutif, l'Inara, les tribunaux, la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif, les collectivités territoriales, l'Onaca (Office national du cadastre) et la Direction général des impôts (DGI) accomplissent tous cette tâche capitale. Dans un secteur sans régulation et aucun plan sérieux de logement, rien ne peut voir jour. »

Entre-temps, l'aide internationale se disperse en tous sens, selon Kawas François, le directeur du Cerfas. « Aujourd'hui comme hier, les milliards promis au pays pour sa reconstruction s'envolent et la situation des familles haïtiennes tarde à s'améliorer », conclut-il.

 

 

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