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Le logement loin des yeux, loin du cœur et des préoccupations électorales

Joël Jean-Baptiste, secrétaire général de Mososah - le 26 octobre 2015

Malgré une indécente débauche de moyens, le premier tour des élections présidentielles cumulé avec le premier tour des élections municipales et le deuxième tour des élections législatives s'est achevé sur une note assez satisfaisante pour notre pays abonné aux violences électorales. Il ne nous reste qu'à espérer que le centre de tabulation contrôlé par l'international ne sera pas le théâtre de quelque coup d’état électoral à même de renverser la volonté exprimée dans les urnes.

A  notre grand étonnement, le thème du logement, tellement présent lors des élections de 2010, a, cette année, été totalement absent des programmes des candidats. Il faut dire qu’à l’époque, nous étions plus d’un million à vivre sous les tentes dans les rues de Port-au-Prince, de Léogane et de Jacmel, parmi les villes les plus touchées par le séisme. Tous les candidats ont promis de reloger les sinistrés et de fournir des habitations aux plus nécessiteux.

Finalement les gouvernements successifs de Michel Martelly se sont contentés d'un pis aller en  évacuant les habitants des camps par des artifices dont le plus connu reste le programme 16/6 financé par le Canada puis diverses organisations. Les enquêtes ont montré que 6 mois ou un an après, faute de moyens, les familles ayant bénéficié de ces programmes étaient parties vers des bidonvilles, des shelters désormais loués par leurs propriétaires ou dans l'un de ces micro-logements plus insalubres les uns que les autres dont Port-au-Prince (notamment) regorge.

Aujourd'hui encore, les données de l’OIM, qui font office de référence, enregistrent 60 801 personnes vivant dans des camps. Plus de 300 000 sont installées dans ce désert appelé Canaan - plus grand bidonville du pays né après le 12 janvier. Sans compter les camps dans lesquels survivent - dans des conditions infrahumaines - les rapatriés aux frontières. Même ceux, en petit nombre, qui sont relogés dans des constructions neuves sont loin de pouvoir dire qu'ils habitent des logements décents.

Est- ce à dire que loin des yeux, loin du cœur et des préoccupations électorales ?

Tous ils ont promis encore une fois, l'école gratuite, le travail, la santé, la richesse pour tous et - bien-sûr - de mettre fin à la corruption et au gaspillage. Même face aux questions des journalistes, ils n'ont pas su rebondir, se rattraper. Et pourtant les avantages d'un Plan national de logement, tel que nous l'avons présenté depuis mars 2011, sont patents, en terme de création d'une industrie de la construction, en terme d'emploi, en terme de relance de l’économie, de sécurité, d'amélioration des conditions sanitaires du pays, d'éducation, de meilleure gouvernance, d'insertion sociale, d'urbanisme, de renforcement des pratiques démocratiques, etc.

La faute incombe aussi à nous autres, citoyens qui n'avons pas su exprimer nos nécessités les plus urgentes, telles le logement. Rattrapons-nous au deuxième tour des présidentielles et des municipales, mobilisons-nous pour le logement afin de faire de notre Haïti un abri sûr, décent et permanent pour tous.

 

Les articles de l’Observatoire du logement en Haïti peuvent être reproduits gratuitement, à condition d'en indiquer clairement la source (© Observatoire du logement en Haïti) et l’auteur, avec lien actif vers notre site. Dans le cas de la reproduction sur un support papier la mention de l'adresse de notre site (www.observatoiredulogementenhaiti.org) est exigée. En revanche, les documents de la rubrique Réflexion relèvent de la propriété intellectuelle de leur auteur, seul à pouvoir délivrer l'autorisation de (re)publication. 

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