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Du camp de déplacés au « village » qui n’en est pas un

Le documentariste Jon Bougher raconte l’histoire d’un groupe d’habitants de Delmas, victimes du tremblement de terre du 12 janvier 2010 et forcés de s’installer à Canaan. Son film, présenté à la FOKAL vendredi dernier, met en relief le manque de logements sociaux et l’abandon dans lequel sont laissées les classes populaires haïtiennes.

Article rédigé en partenariat avec AlterPresse , 11 septembre 2013

MOZAYIK126 familles tentent difficilement de reconstruire leurs vies à Canaan, zone anarchique du nord de Port-au-Prince, dans un « village » appelé « Mozayik », du nom du camp de personnes déplacées de Delmas 30 (périphérie nord) où elles s’étaient réfugiées à la suite du séisme de janvier 2010. Leur histoire fait l’objet d’un film  du même nom, qui a été projeté le 7 septembre dernier à la Fondation connaissance et liberté (Fokal), en présence de plusieurs habitants de « Mozayik ». La situation effroyable connue par les déplacés, leurs péripéties diverses et leur espoir d’intégrer un habitat décent sont présentés dans cette production documentaire de 30 minutes, réalisée par l’Américain Jon Bougher.

« Les gens qui vivent sous les tentes ne sont pas des animaux », lit-on sur une pancarte lors d’une des manifestations organisées par les déplacés à Delmas 30 pour tenter d’obtenir une réponse des autorités à leurs revendications de logements sociaux, avant leur déménagement forcé vers Canaan. Alors que les familles font face à des menaces répétées d’expulsion, le film exprime leur profond désarroi sur le choix à faire quand seulement 125 USD leur sont offerts pour vider les lieux. Leur recours à la mairie de Delmas se révèle vain : « le maire (Wilson Jeudy) a déclaré qu’il n’y peut rien », rapporte le coordonnateur du Camp, Mona Augustin, un musicien qui ne parvient pas à noyer sa tristesse dans les notes de sa guitare.

 Quand des hommes armés débarquent sans sommation et détruisent sauvagement les baraques de Delmas 30, les habitants du camp « Mozayik » n’ont plus qu’à se « délocaliser » vers Canaan où ils espèrent établir leur propre village, loin des menaces, des assassinats, de la promiscuité et de l’insalubrité. Mais, une fois l’opération accomplie, ils se retrouvent devant la dure réalité d’une installation totalement anarchique, où aucun service social n’est disponible et où seule la prière constitue un recours pour les riverains.

Mona_Augustin« Nous sommes en danger », s’inquiète Augustin durant le débat qui suit la projection du film. A Canaan, terrain déclaré d’utilité publique au lendemain du séisme, les déplacés ont payé pour trouver un espace d’un centième et demi d’hectare. Mais, il n’y a « pas de sécurité, ni d'électricité, ni aucun accès à l'eau potable », précise Augustin. « L'Etat est absent, martèle-t-il. Nous n'avons jamais vu aucun de ses représentants, sinon pour nous pressurer ». D’ailleurs, entre Cabaret (plus au nord) et Croix des Bouquets, Augustin ne sait même pas à quelle commune est rattaché le village et comment les habitants de « Mozayik » pourront voter, si jamais il y a des élections.

 

Intervenant au débat, Doliscar Jackson de la Force de réflexion et d’action sur la question du logement (Frakka), rappelle que  « les problèmes de logement ne sont pas nés avec le séisme, qui n’a fait que les mettre en relief ». Frakka, qui « développe un plaidoyer sur le droit au logement et accompagne les déplacés dans leur lutte », souhaite que l'Etat puisse « prendre ses responsabilités à travers la mise en oeuvre d'une politique de logement social ». Selon lui, « la situation demeure difficile », avec environ 300 000 personnes qui vivent encore sous des tentes.

Le film et les diverses interventions ont porté l’architecte et urbaniste française Lucie Couet, de la Fokal, à souligner la complexité du problème, un des plus cruciaux actuellement en Haïti, aggravé par « la question foncière et les difficultés de crédit au logement ». Elle invite à réfléchir sur les critères du « logement décent » et à examiner, au-delà de la problématique du logement, celle de l’habitat.

Lucie Couet estime que « la question du logement » constitue un vaste problème qui « ne concerne pas uniquement les plus pauvres », d’autant que « le séisme a réduit l'offre de logement, ce qui a contribué à la hausse des coûts de loyer ». Selon elle, la recherche d’alternatives ne doit pas faire l’économie de l’exploration de plusieurs modèles qui existent à travers le monde.

 

 

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